Voir aussi

Army Group North
Battle of five armies

For the People
Glory
Imperator
Saratoga
Ukraine 43
War for the Motherland

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Wargame en anglais édité par GMT, date de parution 2002.
Echelle : 1 pion est égal à 5000 hommes.
456 pions, 1 tour égal 2 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Thirty Years War

 

Description


La guerre de Trente Ans, l'enfer lâché sur la terre, les gravures de Jacques Callot représentant des forêts de pendus, une guerre hideuse, d'une brutalité inhumaine qui a ravagé l'aire germanique et l'a laissée exsangue pour des siècles.
Mais la Guerre de Trente Ans est aussi un conflit crucial qui a déterminé l'avenir de l'Europe, en mettant un terme aux ambitions hégémoniques de la dynastie Habsbourg.
Thirty Years War revisite ce sanglant conflit et permet aux deux camps historiques de s'affronter. D'un côté, les forces " catholiques " qui regroupent les Habsbourg de Vienne et d'Espagne mais aussi la Bavière.
De l'autre, le camp qualifié faute de mieux de " protestant ", c'est-à-dire les princes allemands mécontents, les Danois, les Hongrois révoltés de Gabor, les redoutables Suédois et la fille aînée de l'Eglise, le royaume très catholique de France…
Thirty Years War reprend les principes directeurs de We the People, à savoir l'usage cardinal de cartes, dont le bon usage déterminera le sort du Saint Empire Romain Germanique.
Chaque joueur dispose chaque tour d'une main de sept cartes tirées de sa propre pile, ce qui évite les coups du sort donnant à l'adversaire une carte cruciale pour vous… De plus, elles sont répartis en trois époques (début de guerre, intervention étrangère et apocalypse). Suivant les événements, les cartes sont intégrées progressivement par la suite dans le jeu. Ainsi, il est possible de suivre à peu prêt le cours historique des choses, un avantage par rapport à Wilderness War, autre opus de la série dont nous reparlerons prochainement.
Ces cartes peuvent être utilisées de plusieurs façons différentes :

- Le joueur pourra les utiliser dans leur fonction événementielle, elles ajoutent alors une dimension historique au jeu très agréable et cela peut s'avérer parfois décisif. Le joueur catholique peut ainsi gagner beaucoup de points de victoires s'il joue les cartes des électeurs au bon moment afin de se faire reconnaître comme empereur légitime.
- Il pourra utiliser la valeur stratégique qui s'échelonne de 1 à 3 qui permet de bouger des généraux et leurs troupes. Les cartes de valeur 1 sont les moins intéressantes et seuls les meilleurs généraux tels Wallenstein ou Gustave Adolphe pourront être activés. A l'autre extrémité, les cartes de valeur 3 sont les plus utiles et les plus rares et permettent d'activer même les pires des officiers, qui sont légions surtout chez les Impériaux. Il est intéressant de noter que la plupart du temps, la carte jouée en tant qu'événement est retirée définitivement du jeu. Or, les événements les plus intéressants sont souvent des cartes 3… Si l'on n'y prend garde, on risque rapidement de manquer de bonnes cartes, surtout durant la première partie de la guerre où l'on en dispose que de 15…
- La carte permet d'obtenir des renforts. Chaque point de sa valeur stratégique permet à un général de tenter un recrutement, soit de mercenaires, plus efficaces au combat mais plus difficiles à recruter, soit de miliciens.
- Elle permet enfin de payer ses troupes en recevant des aides étrangères. L'Espagne et la papauté supportent la cause catholique, alors que les Protestants reçoivent des subsides de leurs alliés hollandais, anglais et français. On ne peut jouer à cet usage qu'une seule carte par tour. Sans cette aide, les troupes impayées devront faire un jet de dé en fin de tour sur la très redoutée Table de Pillage. Il en résultera le plus souvent des pertes pour l'armée et une dévastation du territoire. De plus, une unité détruite de cette façon est définitivement retirée du jeu…

Le déplacement se fait de ville en ville. En effet, la carte utilise le principe du " point to point ", c'est-à-dire de villes reliées entre elles par des chemins qui contraignent les mouvements des armées. Certaines zones de passage ont donc une valeur stratégique primordiale.
La guerre de siège est mise à l'honneur : les villes-forteresses sont nombreuses et devront être prises d'assaut, même si elles ne disposent pas de garnison. Les sièges sont des affaires de longue haleine, qui peuvent s'éterniser pour peu que l'on manque de chance.
Les batailles sont sanglantes et indécises. Chaque général en chef apporte son bonus, qui s'échelonne de 0 pour les tacherons des deux camps à trois pour le redoutable Gustave Adolphe mais aussi pour Tortensson ou le Cardinale Infante d'Espagne. Des cartes peuvent données un bonus ponctuel.

 

Jouabilité

Les Catholiques dominent assez nettement la première moitié de la guerre. Ils disposent de très bons chefs (Tilly pour la Bavière et Wallenstein pour l'Empire) et d'une base territoriale solide. En face, les Protestants sont dispersés. Tout change avec l'arrivée des Suédois, qui disposent d'une armée extraordinaire conduite par une pléthore d'excellents chefs, dont Gustave Adolphe, le Lion du Nord. Certes, il ne fera pas long feu, les règles de mort des chefs lors des bataille conduisant à de nombreux décès " héroïques " mais quel plaisir de le conduire de victoires en victoires !

Cela dit, le jeu est très fluide et les armées renaissent continuellement de leurs cendres grâce à un recrutement facile. La chair à canon ne manque pas durant ce conflit… Rien n'est perdu et les retournements de situation spectaculaires.
La fluidité est peut être même un peu excessive. Les armées peuvent aisément parcourir toute la carte dans une blitzkrieg étonnante. L'absence de possibilité d'interception ou de retraite avant combat est aussi dommageable.

L'aspect historique est fort bien rendu de part l'utilisation des cartes événements, mais aussi par l'accumulation affolante des marqueurs de dévastation, qui s'accumulent lors du passage des armées et des pillages de soudards n'ayant pas reçu leur solde. La carte devient au fil du conflit un champ de ruine désolé.

Les conditions de victoire sont tendues. Le Catholique doit exploiter à fond son avantage initial et gagner par KO ou par négociations de paix lors du milieu de partie. Faute d'une victoire précoce, l'arrivée des Suédois et des Français dans la guerre fait basculer l'initiative dans le camp protestant. Le mieux à faire est alors de rechercher le nul, qui pourra être obtenu assez facilement. Le Catholique doit aussi se méfier de son meilleur général, Wallenstein, dont l'ambition démesurée menace l'empereur. S'il remporte trop de victoires, il renversera son maître, à moins qu'il ne se fasse assassiné, bien sûr…

Le matériel est comme toujours pour les productions GMT de bonne qualité. La carte est belle, mais un peu surchargée, et manque de lisibilité. Les pions sont magnifiques, ainsi que les cartes.

 

Thirty Years War est donc un excellent jeu, très riche et jouissant d'une très bonne rejouabilité. Cependant, il se situe un cran en deçà de For the People, son grand frère dans la série utilisant le système des cartes inventé par le génial Mark Herman. Le thème original fera tout de même de Thirty Years War un must pour tous les amateurs de jeux d'histoire.